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PREMIERE CONFERENCE EUROPEENNE CONSACREE AUX ROMS.



Ce mardi 16 septembre 08, à Bruxelles, l’Italie gagne le silence de ses pairs pour le recensement des Roms.


mercredi 17 septembre 2008
par jaco


La première conférence, au niveau de l’instance continentale, consacrée aux Roms a été houleuse, ce mardi 16 septembre, du fait d’une mobilisation aussi bien des associations que des représentants de cette communauté. L’organisateur de l’événement, le Commissaire Européen en charge de l’Egalité des Chances, Vladimir Spidla, a rappelé en l’occasion que les Roms étaient "une partie importante de la diversité européenne" et qu’il était important, en conséquence, d’assurer leur intégration.

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La plus grande mais minorité ethnique européenne, les Roms subissent depuis toujours toutes les formes de discriminations possibles, aussi bien institutionnelles que sociales, en Europe. Ils sont environ 10 millions d’habitants, depuis le dernier élargissement de l’UE (Union européenne) qui a porté le nombre de pays à 27. Et sont victimes depuis des siècles, et encore à subir jusqu’à nos jours, des ségrégations ainsi que, plus d’autres populations, confrontés à la précarité et à la misère. Leur espérance de vie est, de 10 à 15 ans, inférieure à la moyenne européenne.

La première conférence, au niveau de l’instance continentale, consacrée aux Roms a été houleuse, ce mardi 16 septembre, du fait d’une mobilisation aussi bien des associations que des représentants de cette communauté. L’organisateur de l’événement, le Commissaire Européen en charge de l’Egalité des Chances, Vladimir Spidla, a rappelé en l’occasion que les Roms étaient "une partie importante de la diversité européenne" et qu’il était important, en conséquence, d’assurer leur intégration.

Le prochain sommet européen, décembre, réservera quelques uns de ses travaux, du moins d’après les premières impressions de ce qui s’est passé ce mardi 16 septembre 2008 à Bruxelles, à cette population. C’est la représentante de la présidence française de l’UE, la ministre française du Logement et de la Ville Christine Boutin, qui s’est engagée à soumettre des propositions d’actions concrètes en faveur des Roms lors du sommet européen de fin d’année 2008. Elle s’est tout-même gardée de porter ouvertement des critiques à l’égard du gouvernement italien.

Femme Rom en manifestation

Image hébergée par servimg.com

Au premier point et unique qui a soulevé un tollé général, lors de cette conférence, l’opération de fichage à laquelle procède actuellement l’Italie. Un recensement très, contesté en Italie-même, qui englobe prise d’empreintes digitale et de données ADN à des fins d’identification, ces deux dernières procédures sont habituellement réservées aux criminels. Ce pays qui n’a jamais pu endiguer les pratiques mafieuses qui gangrènent plusieurs niveaux de la société et des rouages, procède actuellement à une statistique distinctement pour les habitants des camps et en dehors d’une opération globale de la population du pays.

Bruxelles n’a pas trouvé à redire, concernant le recensement italien, lors de cette conférence qui a pris une importance inattendue et a gagné une grandeur inestimable selon l’unanimité des observateurs et eurocrates. La crainte est de voir se propager cette pratique, de fichage policier inopiné, au niveau des autres pays membres de l’UE, a été maintes fois soulevée.

La représentante d’Italie, Eugénia Maria Rocella, sous-secrétaire d’Etat pour l’emploi, la santé et les politiques sociales, n’a pas pu terminer son intervention. Huée, elle est comme-même restée à la tribune, histoire de tenir tête. La mesure italienne très controversée du point éthique a reçu le 4 septembre dernier, après quelques modifications, l’approbation de la Commission Européenne qui les a jugées conformes à la législation européenne

Les protestations n’ont pas manqué, plusieurs participants à cette conférence ont enfilé ou brandissant, dès l’ouverture de l’événement, un t-shirt barré de la mention ’’Contre le fichage ethnique’’ et recevant au passage l’appui remarqué du milliardaire et président de l’Open Society, George Soros. Image hébergée par servimg.comCe financier, américain d’origine hongroise, s’est fait même leur Hérault des contestataires, espérant que la Cour Européenne de Justice annulerait les dispositions italiennes : "Je suis sérieusement préoccupé par le fichage des Roms en Italie. Je crains que cela ne devienne une norme de facto dans l’Union européenne", a-t-il dénoncé. Il a été fait "citoyen Rom" par un représentant de la communauté.

May Bittel, membre fondateur du forum des Roms et des gens du voyage au Conseil de l’Europe, a de son côté insisté, comme les autres intervenants, sur le fait de la généralisation en Europe : "Si on avalise la manière de faire en Italie, c’est toute l’Europe qui va suivre".

Le Français Jacques Barrot, commissaire chargé de la Justice et des Libertés, en se défendant d’éventuels blâmes, a mis en garde le gouvernement italien pour l’incompatibilité de ce recensement avec le droit communautaire. "Nous avons fait savoir que nous n’accepterions aucun recensement sur une base ethnique ou religieuse", a-t-il affirmé pour se défendre contre les critiques. "Le gouvernement italien nous a assuré qu’il entend suivre ces instructions claires. Mais tout le problème est dans l’application.

Le Président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, a assuré de son côté que ses services étaient opposés à toute discrimination. Reconnaissant dans son intervention « la situation dramatique des Roms… » Et précisant aussi « … qu’elle ne peut être réglée depuis Bruxelles". "Les instruments pour créer ce changement sont dans les mains des Etats membres. Les politiques pour l’intégration des Roms sont de la compétence des Etats membres".

Le calvaire de générations de Tsiganes à travers les siècles n’a pas encore réveillé les consciences. Parmi les premières victimes, avec les juifs et les communistes, de l’armée hitlérienne, ils n’ont jamais le peu d’égard pour leur mémoire. Les drames sociaux qu’ils vivent depuis la nuit des temps restent dans leur état. L’Italie de Berlusconi accentue et trace actuellement la marge en gros traits rouges et noirs l’exclusion qui les a toujours frappée.

Les associations défendant les Roms

Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre,

Michel Mombrun de la FNASAT

Médecins du Monde

Aurore Arnould du Secours catholique / Réseau mondial Caritas

Malik Salemkour de la Ligue des Droits de l’Homme

Stéphane Lévêque de l’ASAV

Marc Béziat de l’ANGVC

Julie Biro du CCFD,

Michèle Mézard du Collectif Romeurope

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