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Qatar et France, l’azimut des banlieues



Oublié, pourtant connu depuis des années, le fond qatari pour les PME des zones dites "sensibles"...


lundi 24 septembre 2012
par Damien Djamel Bouch’Raf


Le Qatar est, selon nombreux observateurs français, le pays qui a été le plus reçu par les membres de l’exécutif gouvernemental ainsi que la présidence depuis l’arrivée à l’Elysée de la gauche conduite par François Hollande. Oui bien avant l’Allemagne, les USA et les autres partenaires européens. Une chance pour les jeunes "zonards", de sortir de la misère, qui dérange les guides idéologiques d’une droite campant sur ses peurs archaïques, envers l’innovation émanant des exclus !

Même si les discussions sur la Syrie sont inévitables, la présence économique du Qatar, blindé d’argent frais, est une aubaine pour la France qui officiellement se prête au jeu, malgré la levée de boucliers de la tradition raciste et réactionnaire…

En France, les investissements de cette monarchie, plus petite que la Corse, sont depuis 3 années passées aux bouchées doubles… La francophilie de cette principauté, semble faire de l’ombre à d’autres de ses mains. Les financements, de ce dynamique intervenant arabe, de tous les groupes « salafistes » où qu’ils peuvent germer et végéter, on fait comme si ça n’existe pas !

L’Association nationale des élus locaux pour la diversité a rencontré Arnaud Montebourg, le ministre ayant compétence de la relance économique, pour discuter de la mise en place du fond du Qatar pour la création et le soutien des activités économiques dans les banlieues. De quoi déranger....

Voilà donc qu’arrive l’intéressement du Qatar aux exclus des banlieues. Pourtant minime action selon le chiffre du pactole, cette mission, perçue comme philanthropique, connait ses meilleures polémiques des islamophobes et autres droites…

Les jeunes des zones urbaines (DITES SENSIBLES) et rurales (largement exclues elles-aussi) se dirigeaient vers le Canada, le Royaume-Uni et même les USA, pour échapper aux discriminations. Les Etats-Unis ont déjà ouverts un autre destin, outre-atlantique certains talents subissant le ghetto français, percent dans le FABULEUX RÊVE amerloque.

Sur le sillage d’une offensive de grands investissements...

Parmi les importantes et discrètes opérations, car moins médiatisées pourtant anciennes, la participation de 5,6% au sein de BTP Vinci, de 5% au sein de Veolia, de 10,1% au sein de Lagardère. Cette dernière lui ouvre la porte d’EADS, le géant européen de l’aéronautique et de la défense.

Agissant avec des fonds d’investissement directement dirigés par les princes et l’entourage du roi, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, cette présence n’a aucun secteur précis et dûment de prédilection par rapport à d’autres. La diversification se dessine sur des champs assez larges. Le bâtiment, le sport, l’aéronautique, l’énergie, l’industrie ou l’hôtellerie de luxe (l’opération du Carlton de Nice n’étant pas la seule) ont révélé cette ruée qatarie qui date en réalité de 1995.

Avec l’acquisition de 2% du capital de Total, réalisée en été 2011, le Qatar serait devenu le troisième actionnaire du pétrolier français, selon le journal Les Echos. Le sport reste marqué par le rachat du PSG, l’acquisition d’une partie importante des droits de Ligue 1, le championnat de foot français, et de l’annonce du lancement de deux chaînes de télévision consacrées au sport.

... et de trop belles ambitions qui aspirent à se placer parmi les grands du Monde.

Le lancement d’un fonds d’investissement destiné aux banlieues françaises, d’un montant de 150 millions d’euros, a été relancé depuis la rentrée sociale 2012. Destiné aux entrepreneurs ressortissant des banlieues, il consiste à apporter des aides aux PME existantes ou en création. Ce secteur des "Petites Entreprises", à l’instar de l’artisanat nommé le 1er employeur français, s’attend à des investissements dans les années à venir. Une chance pour les jeunes "zonards" de sortir de la misère !

De ce fait, la présence qatarie accélère les projets, au temps des vaches maigres que la crise met à la dèche. La Caisse des dépôts sera impliquée dans la gestion de ce fond.

L’affaire Merah, a retardé l’été dernier ce projet qui était à 50 millions. Mais le-voilà relancé et son enveloppe financière triplée. Un accord a été scellé, lors de la visite auprès de François Hollande à l’Elysée du premier ministre Hamad Bin Jassem, celui qui anime la diplomatie du Qatar et des investissements de l’émirat hors de ses frontières.