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En dépit d’une production céralière record, l’Algérie doit importer 200 000 tonnes.



Des besoins de 7,2 millions de tonnes par la faute d’une consommation anarchique et des trafics...


samedi 14 septembre 2019
par Damien Djamel Bouch’Raf


Ecouter l’article L’Algérie importe du blé de France, du Canada, d’Allemagne, des États-Unis, d’Espagne et du Mexique. Même si sa production intérieure augmente, la dépendance de l’extérieur est incontournable. Outre que les bouches à nourrir continuent de se multiplier, sous l’impulsion des conservateurs qui, se disant affables croyants, sacralisent la tenue de la galopante démographie. Mais aussi un flagrant gaspillage qui offusquent plus les tenants d’une régulation des naissances et militants contre d’autres prédations économiques...

Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE

Malgré une production céréalière abondante en 2019, les importations de blé en 2019/20 devraient rester stables. Le blé tendre étant le plus important dans les commandes de l’étranger, c’est lui aussi qui est dilapidé, par exemple en servant de matière première aux exportateurs de pâtes alimentaires qui s’adonnent à des détournements, comme lors des dernières fermetures des minoteries privées.

Au cours des cinq dernières années, le pays a importé environ 8 millions de tonnes de blé, environ 70% de son utilisation est incontrôlables. En raison de l’amélioration de l’offre intérieure, les importations de blé exigences pour la campagne 2019/20 sont de l’ordre de 7,2 millions de tonnes, soit environ 200 000 tonnes de plus que l’année précédente pour répondre aux besoins de la population. Avec bien sûr les trafics de pseudos industriels de l’agro-alimentaire.

- Des malversations sur le blé produit en Algérie, la corruption qui choque ! samedi 13 juillet 2019

C’est une vieille tradition héritée de l’agriculture ancestrale, depuis que l’Algérie était grenier céréalier de l’empire romain et même avant aux prémices des précurseurs des plantations des graminacées. A mi-août la saison des récoltes est clôturée. La production est record pour 2019, selon le dernier rapport de la FAO (Fond Agricole de l’ONU), document que vous pouvez consulter eb fin de cet article.

Une vieille observation de la ruralité algérienne est catégorique, pour cette période dit de rentrée sociale. Les nuits s’allongent diminuant l’apparition solaire et s’il pleut, on peut enterrer définitivement l’été. Quand on compte les stocks de gaines, de paille et fourrage, après les « Smayems », le dernier cycle des grandes chaleurs estivales, le regard est pour la prochaine.

Cette année 2019, le chroniquer Amari Chawki du quotidien El-Watan en a titré, le 10 juillet, « Les jours du smayem ». Il a, on ne peut mieux, décrit « cette période de canicule dans la canicule ». Où, dit-il, des pics de température viennent battre des records, épuisant êtres humains, plantes et animaux. Le grain de blé est définitivement durci.

La production céréalière de 2019 est estimée par le gouvernement à environ 6 millions de tonnes, un niveau similaire à 2018. Les précédents records ont été établis en 2009 (5,3 millions tonnes de céréales) et 2012 (5,1 millions de tonnes). Cette année est 50% au-dessus de la moyenne quinquennale précédente (2014-2018), qui comprenait trois années de conditions climatiques difficiles les sorties.

Le nouveau cycle commence par l’hiver. Le climat, étant devenu largement pluvial ces dernières années, nous avons parlé dans nos sujets d’une mousson cyclique allant du Sahel à l’Afrique du nord. Plus il est continental, du fait de l’étendu des régions intérieures des haut-plateaux qui sont généreux aux blés, avoines et orges.

- Le gouvernement algérien peine à réduire la facture alimentaire

La quantité ainsi que la répartition des précipitations, deux facteurs sont jugés généralement favorables pour la campagne agricole 2018/2019, et même sans énormes différences entre les zones emblavées. Cet aléa climatique étant très surveillé, car essentielle et en fonction duquel la production varient fortement.

Des pluies supérieures à la moyenne de mars à avril ont créé des conditions de croissance exceptionnelles dans les régions du nord-est et compensé certaines insuffisances de production dans les régions de l’ouest, affectées par des conditions plus sèches.

Notons enfin, en Algérie il y a un faible taux d’inflation des prix alimentaires. Annuellement les prix sont passés à la légère hausse d’environ 2%, enregistrée entre janvier et mai 2019. Et à un taux presque négatif de 1% en juillet 2019, en raison de l’appréciation de la monnaie qui s’est révélée sur le change des devises étrangères, laquelle reprend ses pertes alors que nous rédigeons ce sujet.

En moyenne, les aliments représentent environ 43% du total des dépenses des ménages. Le gouvernement fournit des subventions généralisées sur les produits alimentaires de base afin de contenir les colères, alors que l’Algérie est confronté à une colère politique historique.

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