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La Sahraouie Aminatou Haidar obtient le prix Nobel alternatif



Surnommée "Gandhi du Sahara Occidentale" pour sa résistance de haute facture non-violente


samedi 28 septembre 2019
par Hugo Mastréo


Ecouter l’article. Nous avons déjà publié un sujet récent, sur l’édition 2018 du prix Nobel alternatif. Les Lauréats recevront leurs distinctions le 4 décembre prochain, lors de la Cérémonie du Prix Right Livelihood 2019 à Stockholm. Il rend hommage à des engagements séduisants par leur anonymat et modestie. Edward Snowden se vit remettre le Prix Right Livelihood en 2014. Cette année, l’ancien agent de la CIA et de la NSA se joindra la cérémonie en ligne depuis Moscou.

Voir en ligne : Notre dossier POLISARIO & Sahara Occidental

En 2019, la surnommée "Gandhi du Sahara Occidentale", Aminatou Haidar a été désignée avec 3 autres lauréats, donc nous revenons encore cette fois sur ce prix qui devient plus significatif. Voilà une femme comparée au mahatma Gandhi, pour sa lutte paisible et qui n’a pas dévié malgré l’endurance.

En dépit du pire sentiment d’humiliation, d’être spoliée de sa patrie, la non-violence lui a valu le valeureux sobriquet. Liée tant à une cause qu’à une géographie reconnue de tous les humains suivant les causes des peuples broyés par d’anciens jougs aux souffrances maintes fois condamnées.

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Amainatou a vécu quatre années dans le grand isolement d’une prison secrète, alors que le monde extérieur ne s’attendait à la voir ressortir vivante. Faut-il le souligner encore une fois aux yeux de l’opinion, Haidar a été emprisonnée maintes fois par la monarchie du Maroc, sans inculpation ni procès ?

En effet, elle ne pouvait pas être ignorée. La combattante organisait des manifestations sur la terre qui l’a vue naître et à l’étranger. Elle dénonçait avec des preuves documentées les actes de tortures commis par les autorités d’occupation. En 2009, elle se met en grève de la faim pour pouvoir revenir au Sahara occidental, alors qu’elle était empêchée. Ce qui a amplement sensibilisé sur sa cause et de son peuple.

Les méthodes combattives de décolonisation et de résistance contre les injustices qui ont engendré tant la liberté que l’exemplarité, s’avèrent être sans violence. Malgré les affres de l’emprisonnement, comme pour Mandela, et du mépris dominateur, comme envers les indiens dirigés par le Mahatma Gandhi, l’Histoire n’a pas nié ce qui est à la fois juste et, aux yeux de l’humanité, est devenue modèle.

La toute dernière fois en 2018, c’étaient des intellectuels saoudiens, qui croupissent encore, à ce jour, en prison. Ils ont obtenu la distinction dont l’appellation est Le Right Livelihood Award, largement connu sous le nom de « Prix Nobel alternatif ». Aminatou est désormais, avec son long parcours de militante, une icône avec 3 autres personnes dont la lutte.

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Elle est honorée avec la Suédoise Greta Thunberg, une Chinoise, Guo Jianmei, qui défend juridiquement la gente féminine des abus dans son pays dont les règles sont inconnues et difficiles à percer et Davi Kopenawa, un des porte-parole les plus respectés des peuples autochtones brésiliens dont la défense d’Amazonie prend une nouvelle signification ?

Maintes fois les diplomates et les journalistes se demandaient comment et pourquoi le conflit du Sahara occidental, entre le Maroc et le Polisario, n’a pas d’épilogue alors qu’il est sans violences ni guerres ? C’est ainsi qu’apparait le parcours d’Aminatou Haidar, qui s’est engagée pacifiquement dès même son adolescence pour l’indépendance.

Comme pour la Palestine, la communauté internationale reste indifférente, si ce n’est pas de la complicité avec l’occupation, la cause sahraouie mérite le nouveau regard. Plus de quarante années se sont écoulées sans qu’aucun référendum ne soit organisé, pourtant maintes fois aussi cité par les instances internationales dont l’ONU.

La Suédoise Greta Thunberg, la Chinoise Guo Jianmei, le brésilien Davi Kopenawa et la Sahraoui Aminatou Haidar.

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