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50ans d’indépendance, l’Algérie à l’ombre des divisions entre rentiers et exclus…



Un demi-siècle de despotisme commis par les tuteurs d’un peuple divisé !


mercredi 22 juin 2011
par Azouz Benhocine


Un demi-siècle d’indépendance algérienne, on en est où ? Exactement, on est avec une manne pétrolière dilapidée et une division entre privilégiés et gommés de la citoyenneté. Avec la factuelle mafia politico-financière, consciente de cette richesse énergétique, qui s’est servie de nombreux subterfuges pour régner, le pays est loin d’avoir fidèlement concrétiser le véritable message légué par les martyrs.

Pour nombreux algériens, la peur fait perdre les libertés primaires auxquelles moult sacrifices ont été donnés. L’indépendance n’est jamais parvenue à être tangible et équitable, pour cette catégorie PLUS VASTE car MAJORITE SILENCIEUSE. Les dirigeants qui ont gouverné depuis 1962, relevant d’une même famille politique, n’ont jamais su répondre aux aspirations d’une population qui a quadruplé en l’espace des 5 décennies.

Sous un régime n’expliquant pas les égarements obscurantistes, car dévoyé à toutes les corruptions. Cet arbitraire, d’une démographie explosée, est la garantie du populisme démagogique, se livrant à gager l’avenir en gagnant la paix sociale quand la dignité est offusquée. Ici c’est le silence, on ne songe pas à imiter la Tunisie : laïque et à cheval en matière de régulation démographique. Le pays don explose par la demande d’écoles et tout de ce qui est "Bien-être". Mais c’est le mutisme, sinon l’exclusion !

Le sigle FLN, qui a servi à la légitimité historique de 50 ans, a été réquisitionné par des cliques claniques succédées, avec la poigne militaire, à l’encontre de la population et de ses libertés essentielles. Le FLN dirigiste n’ayant pas été un parti unique homogène et solvable, comme ceux des anciens régimes communistes. Une pseudo-idéologie fictive, aléatoire et versatile lui a permis de se draper du nationalisme arabe, d’ailleurs défaitiste.

Au bout de 50ans, la jeunesse algérienne est plus exigeante tant parce qu’elle est massive, sans ne rien trouver à l’horizon. Représente de loin plus de 65% de la population, elle est quotidiennement ouverte sur le monde d’où elle scrute et découvre l’amélioration de la qualité de la vie de pays moins gâtés en matière de ressource naturelles. Sa pression est de plus en plus radicale, ses revendications sont intransigeantes.

Elle est parmi, et liée à, une population divisée entre des franges nourries de la rente et en toute disparité. Et celles subissant l’exclusion. Ces dernières songent à l’exil, pour vivre en liberté, afin aussi de concrétiser ses projets d’êtres humains.

Cette division du peuple existait bien avant l’indépendance : entre bons citoyens acceptant les médiocrités des pouvoirs dénaturés par le clientélisme d’un côté. Et de l’autre côté, ceux écœurés des injustices qu’ils subissent ou rencontrent quotidiennement. N’ayant que le désespoir à ruminer, en étant les victimes de toutes sortes stigmatisations, les tourmentés de la situation du pays sont justement les plus dévoués et adroits. Alors ils se taisent ou partent sous des cieux plus respirables !

Après le colonialisme basé sur les disparités, entre colons et autochtones, l’altérité entre « bons Algériens » et les autres, à mépriser car avides de libertés étendues à toutes croyances, convictions, opinions et diversités, est advenu plus immuable car fait de nationalistes ayant eu monopole sur la tâche historique libération : la guerre 54/62, le clientélisme.

Et la couverture de souveraineté nationale a instauré la ligne de conduite, voulue par des pouvoirs qui se renouvelaient sans affinité avec projet de progrès et de probité, donnant une signification bancale à l’indépendance. Largement fondée sur la division, le régionalisme, le clanisme et l’exclusion. Rentrer dans les rangs ou crever dans les frustrations.

Après 50ans d’indépendance les algériens restent encore sous le règne des clans coalisés au sein d’un semblant de parti unique. Une organisation politique présentant une versatilité démagogique, lui faisant changer de dirigeants que d’idéologie qui, cette dernière, reste sans aucune identité. Le FLN a dirigé la guerre de libération et a offert une légitimité aux despotes qui se sont succédés, après l’indépendance, en soumettant le peuple dans sa grande majorité, au silence. Et les plus doués et intègres se retrouvent jetés dans des exils incertains mais qui libèrent leurs paroles et leur créativité.