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Des Bleus sans étincelles



Football français : retour des bannis et beaucoup reste à faire


vendredi 1er avril 2011
par Jérôme COLLIN


Après leur victoire contre le Luxembourg vendredi soir, les Français ont peiné contre la Croatie en match amical. Analyse et perspectives autour de ce match.

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Un bilan comptable flatteur

Après un bien mauvais départ, l’équipe de France a peu à peu pris ses marques au sein de sa poule. Aujourd’hui, les Bleus se retrouvent leaders de leur groupe, comptant quatre points d’avance sur la Biélorussie et l’Albanie. La course à la qualification, qui est à mi-parcours, ne peut plus leur échapper, à moins d’une baisse de régime dévastatrice. L’Euro 2012 s’ouvre en grand pour l’équipe de France.

Le retour des bannis

La situation est radicalement différente pour Evra et Ribéry. Le premier a été rappelé pour pallier au forfait d’Eric Abidal, opéré de sa tumeur au foie. Le Münichois est quant à lui de nouveau sélectionné pour des raisons uniquement sportives.Les deux joueurs ont vécu des fortunes diverses. Le Mancunien, qui est passé au travers de son match face au Luxembourg, et dont l’égo est surdimensionné ( il parle de lui à la troisième personne...) n’a pas du tout convaincu à la fois l’opinion publique et le sélectionneur. Franck Ribéry n’a pas vraiment fait mieux vendredi soir à Luxembourg, mais lorsque celui-ci a permuté avec Florent Malouda sur le côté gauche, il a immédiatement renoué avec son niveau habituel, étalant toute sa classe technique.

Ensuite, les deux bannis ont démarré la rencontre de mardi face à la Croatie sur le banc de touche, mais le Boulonnais est rentré en cours de jeu, en lieu et place d’un Malouda transparent sur la pelouse du Stade de France. Mieux encore, l’ancien marseillais a réalisé une rentrée fracassante, et a été le déclic des Bleus en seconde période.

Un secteur offensif encore brouillon

Les Français ont manqué d’efficacité et de réussite mardi soir. Jamais les Français n’ont réalisé de « cartons » dans un groupe où le niveau reste malgré tout faible. Karim Benzema, pourtant dans une forme olympique avec son club, est resté muet. Une statistique fait peur et montre la puissance de frappes et de buts assez restreinte de la France : pas moins de 5 des 8 buts de l’équipe de France ont été inscrit par Karim Benzema et Yoann Gourcuff. Une absence des ces deux joueurs semble préjudiciable aux Bleus.

De plus, les remplaçants de ces joueurs clés ne sont que trop peu convaincants, tant en équipe de France qu’en championnat. Gignac et Hoarau passent le plus clair de leurs temps à courir derrière un but et à enchainer les matchs médiocres. Seul Kévin Gameiro est au-dessus du lot.

Les ailes ne sont pas assez percutantes, pas assez décisives. Malouda n’a inscrit qu’un maigre but dans ces éliminatoires et ne convertit pas son temps de jeu important en prestations dignes d’un international aguerri. Sur le côté droite, Jérémy Ménez peine à aligner les matchs de haut vol, connaissant même des trous d’air en pleine rencontre. Seul Ribéry a donc convaincu sur l’aile gauche, tandis que l’aile droite de la France a du mal à se trouver un joueur référence.

A quand la manière ?

Jusqu’à mardi soir, les Bleus avaient enchainé six victoires. Toutefois, il faut raison garder. La France n’a clairement pas convaincu lors de ses précédentes sorties et réceptions. Les matchs et victoires face à l’Angleterre et le Brésil ne sont pas révélateurs. L’arbre qui cache la forêt ? En quelque sorte oui. En analysant de plus près, il apparaît que le Brésil a couru derrière le ballon pendant plus d’une mi-temps du fait d’une infériorité numérique, facilitant la tâche des Français. D’un autre côté, l’Angleterre était très affaiblie, et de nombreux joueurs cadres manquaient à l’appel.

Ces victoires ont agi comme un trompe l’œil. Oui les Bleus ont gagné. Non, les Bleus n’ont pas réalisé de prouesses. Preuve en est par la difficulté actuelle de disposer du Luxembourg et la lutte pour le match nul face à la Croatie. Aujourd’hui, comme le dit Emmanuel Petit, l’heure n’est plus à la reconstruction d’une équipe solide. Il est venu le temps de la confirmation. Les victoires font emmagasiner de la confiance et forgent une équipe, mais elles doivent être suivies de performances de même standing. La semaine internationale a éclairé les carences de cette équipe, et doit permettre à Laurent Blanc de changer d’optique et de tenter de coupler les résultats à la manière. Un travail difficile et de longue haleine, mais qui doit débuter le plus tôt possible.

La France oscille entre convictions et doutes, preuve en est par l’assise défensive jugée comme performante, tandis que l’animation offensive se met en place plus difficilement. Dans un peu plus d’un an, l’Euro 2012 débutera et l’occasion sera offerte à la France de se racheter et de prouver à son public et à la planète football que l’ex-cador du football mondial est bel et bien de retour.