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Prérogative russe plus résolue dans la crise libyenne...



Les tergiversations du gouvernement d’union, une lenteur laxiste pour des urgences !


mercredi 25 janvier 2017
par Hugo Mastréo


Le gouvernement libyen, présidé par Fayez El-Sarraj, qui fait un bon travail, pour redresser du moins l’institution qui lui incombe, ne fait pas unanimité. Même avec l’appui de l’ONU, cette dernière ne satisfait guère beaucoup de monde, à moins que le nouveau secrétaire lui redonne crédibilité. L’exécutif gouvernemental a au moins deux raisons majeures qui le bloquent. D’une part, il est soupçonné de n’être guère issu de la souveraineté populaire et, d’autre, de se limiter à une représentation auprès des institutions internationales qui l’ont d’ailleurs accrédité, sans apporter une approche dynamique aux urgences internes. Dont celle qu’il s’appuie sur les milices armées, réfractaires à l’armée officielle conduite par le général Khalifa Haftar, pour sa propre sécurité à Tripoli.

Voir en ligne : Notre dossier : Libye

Dans le paysage libyen politique actuel, le seul personnage qui allie une rupture avec le tribalisme, l’islamisme sous-tendu par le populisme du dévoiement des libertés et se place aux première lignes de la résistance aux cruautés du terrorisme, lié aussi bien aux frères musulmans qu’à l’EI (Etat Islamique), est l’ancien officier qui a rompu d’abord avec l’autoritarisme de l’ancien dictateur puis vit pleinement le terrain, est Haftar.


- Syrte, dernière ville de Libye d’où les terroristes ont été délogés 8 décembre 2016

En plus de son implication dans tous les épisodes de trouble en Libye, le général Khalifa est aussi la plus conséquente personnalité libyenne avec l’évolution des réalités diplomatiques internationales. Son dernier rapprochement avec la Russie relève de cette compréhension du dynamisme de Poutine qui développe l’idée que si les islamistes armés sortent victorieux des assailles qu’ils mènent contre les pays d’Afrique du nord et du Moyen-Orient, iront aussi, à échéance, à la conquête du Monde dont son propre pays.


- Irréductibles à Syrte & avancée du dialogue inter-libyen 5 octobre 2016

La piètre copie laissée par les pays occidentaux en Libye n’a pas d’égale dans le bouleversement dit « Printemps Arabe » duquel la Tunisie reste le pays précurseur et sur le sentier d’une démocratie en marche. Ce qui rappelle une récente pétition du Mexique adressée au leader russe, où est dénoncée l’incapacité du gouvernement inféodé aux États-Unis, indiqué responsable de la situation de leur pays livré à la corruption.

Créée par un journaliste qui l’a publiée sur le site Change.org, sous le surnom de Freppo Sovietico, cette doléance, a recueilli 15902 signatures. Elle appelle le président russe Vladimir Poutine à aider à résoudre les problèmes intérieurs mexicains, notamment d’insécurité. C’est que l’ancien agent du KGB aujourd’hui à la tête de la Russie fait montre d’une dextérité pour solutionner certaines situations conflictuelles, faisant mieux que ce qui est « la communauté internationale » est incapable de résorber.


- L’appel de la Libye à ses citoyens et aux diplomaties étrangères 14 mars 2016

Les Européens et les Etats-Unis portent une grande responsabilité dans la situation en Libye, aussi bien Sarkozy que l’ancienne candidate démocrate de la présidentielle pour la Maison Blanche sont indiqués par diverses opinions à l’origine de l’anarchie et de la présence des terroristes. Par le passé, Haftar avait, avec nombreux observateurs locaux, remarqué l’abstention russe au conseil de sécurité, pour une résolution visant à ne pas ménager l’ancien despote Kadhafi, avec lequel il était en contradiction et s’est confié à la CIA pour sa sécurité personnelle, y compris en se réfugiant aux Etats-Unis.

Haftar a été reçu à Moscou à deux reprises, en juin et en novembre 2016, ce qui veut dire que ce rapprochement s’officialise sur la scène internationale, à l’heure où les occidentaux sont neutralisés dans les crises du Moyen-Orient. Leur paradoxale alliance avec les monarchies réactionnaires n’a aucune faveur auprès des populations et des acteurs politiques locaux. L’Arabie Saoudite et le Qatar suivent aussi leur perte de terrain avec l’Egypte, l’Iran et bien d’autres espaces comme la Syrie ou l’Irak.


- En Libye : la responsabilité interne pour l’insécurité 19 avril 2016

Le détour par Benghazi, le 11 janvier dernier, du porte-avions Amiral Kouznetsov, à son retour de Syrie a accueilli à son bord le général libyen Khalifa Haftar, venu s’entretenir en vidéoconférence avec le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou. Evidemment l’avancée russe est motivée par les carences des puissances qui alimentent des crises dans une géostratégie tout à fait désuète et peu encline à solutionner l’instabilité au Moyen-Orient, notamment avec un soutien aveugle, comme craché, à l’Etat hébreu.

La Russie retrouverait, avec ce choix de son protégé Haftar, dont la formation militaire s’est faite en ex-URSS, lui ouvre accès au port de Benghazi. Ce dernier serait bien un point important d’escale à des navires en méditerranée. Une base aérienne en Libye, comme au temps de Kadhafi, permet aussi la protection de Moscou qui est acculée à ses frontières et lui donne une présence sur des champs où naviguent diverses flottes hostiles. Aussi d’éventuelles ventes d’armes, une fois levé l’embargo -voire avant, via l’Algérie, sont plausibles avec les ressources financières de la Libye.

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