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« Podemos » secouce antisystèmique en Espagne



La gauche citoyenne entre les mains de jeunes érudits...


jeudi 27 novembre 2014
par Hugo Mastréo


Le plus jeune (nouveau) parti espagnol est né janvier 2014. En quelques mois, il est devenu la 1ère organisation politique du pays. Il s’appelle « Podemos » et a été propulsé, à la surprise surtout des opinions internationales et européennes particulièrement, comme solution aux turbulences de l’Espagne. Ayant été dans le « mouvement des indignés » de 2011, avec OCCUPY Wall-Street aux "USA" des 99%. Avec d’autres réactions en occident, pour accompagner, comme soutenir, le Printemps Arabe, c’était une colère de récession...

Voir en ligne : Notre dossier : ESPAGNE

Podemos est aussi un mouvement politique connu au Venzuela, une organisation politique a le même nom. De même qu’au Chili "Juentos-Podemos"... Les premiers pas ont été faits en 2011. En Espagne les crises vidaient les banques et mettait au chômage, les jeunes en masse, alors que l’environnement du sud s’est livré à la révolte. La conjoncture d’un printemps arabe résolu d’en découdre avec des carriéristes autocraties, rêvant de dynastie, a beaucoup fait bouger les mouvements sociaux d’Espagne...

Podemos signifie en français « Nous pouvons », en catalan il se prononce « Podem » et en basque « Ahal Dugu ». L’Espagne, de tradition révolutionnaire, a sa langue, la seconde la plus parlée dans le Monde, après l’anglais, en regroupant plusieurs pays. Aux choix des mouvements citoyens d’Amérique Latine faisant des émergences économiques et des progrès sociaux considérables, les espagnols ne sont pas indifférents, rejoignant le destin mémoriel.

Le nouveau parti a divulgué ses statuts, il a été enregistré comme parti depuis le 11 mars 2014, par un groupe d’enseignants réunis autour de Pablo Iglesias Turrión et d’Izquierda Anticapitalista (le parti anticapitaliste espagnol). L’objectif immédiat était de présenter une liste aux élections européennes, 5 sièges, au parlement européen, ont été décrochés depuis le mois de mai. Faisant du parti, la 4ème force du pays.

Iglesias Turrion, doctorant en sciences politiques après une licence en droit, est à l’origine d’une initiative citoyenne « Podemos ». A la mode classique, elle a été lancée publiquement le 17 janvier 2014, comme un manifeste de gauche, c’était au début de l’année. En mai, les élections européennes modifie largement les appréhensions de la population espagnole envers « Podemos ».

Une équipe dirige désormais, le mouvement Podemos depuis, le 15 novembre dernier. Elle a été élue lors d’élections internes ouvertes, où 48 000 votes se sont exprimés, avec pour objectif l’organisation de l’assemblée citoyenne (Asamblea Ciudadana) de l’automne 2014.

Depuis le 2 novembre 2014, un sondage publié par El Pais le donne, pour la première fois, « Podemos » en tête de tous les partis avec 27,7 % des intentions de vote, distançant les partis traditionnels (PP et PSOE), les premières formations du pays. Contestataire mais démocratique, s’assimilant dans le processus des élections institutionnelles, ce jeune parti, s’illustre pendant 2014 par d’imposantes manifestations et d’escarmouches « antisystémiques ».

"Le système" pour Podemos, c’est aussi les médias qui adhèrent plus aux créneaux rentables, qu’à l’ambition de faire parler les citoyens... Le contexte politique que traverse le gouvernement espagnol de droite, est l’explosion des scandales de corruption. De quoi s’imaginer l’ambiance où Podemos ne rate pas sa chance... Le 25 mai 2014, ont ainsi été élus les cinq eurodéputés de Podemos, les suivants :

- 1. Pablo Iglesias Turrión, professeur de sciences politiques, Université complutense de Madrid, 35 ans
- 2. Teresa Rodríguez, professeur de secondaire à Cadix, 32 ans
- 3. Carlos Jiménez Villarejo, ancien procureur anti-corruption , Barcelone, 78 ans
- 4. Lola Sánchez, ancien entrepreneur, Carthagène, 36 ans
- 5. Pablo Echenique-Robba, scientifique au Conseil supérieur de la recherche scientifique (Espagne) Saragosse (CSIC), 35 ans

Podemos (2014 european elections in Spain).svg
« Podemos (2014 european elections in Spain) » por Trabajo propio original work by Saulo Tarantino, Habbit and Martorell -

Idéologie

Podemos a publié un document de 36 pages exposant sa ligne politique dans lequel les titres des six sections se terminent tous par Construire la démocratie.

- 1. Redresser l’économie en renforçant le contrôle public, en réduisant la pauvreté et en instaurant la dignité sociale via un revenu de base pour tous. Cela comprend le contrôle des lobbys et de l’évasion fiscale des grandes entreprises et multinationales, ainsi que le soutien aux petites entreprises.
- 2. Promouvoir la liberté, l’égalité et la fraternité en abattant les barrières à travers l’Europe et en permettant la coopération entre les personnes sans collecte de renseignements ou inhibitions sociales, qui sont théoriquement des formes d’Antiterrorisme.
- 3. Redéfinir la souveraineté en révoquant ou en troquant le Traité de Lisbonne, en abondant les mémoranda d’entente, en retirant l’Espagne de certaines zones de libre-échange et en promouvant le référendum pour toutes les réformes constitutionnelles majeures.
- 4. Récupérer la terre en réduisant la consommation de combustibles fossiles, en promouvant les transports en commun et les Énergies renouvelables, en réduisant les cultures de rente industrielles et en stimulant la production agricole locale par de Petites et moyennes entreprises.

Le 5 juin 2014, le leader de Podemos, Pablo Iglesias Turrión, se déclare opposé à l’indépendance de la Catalogne, mais néanmoins favorable au droit à l’autodétermination pour les Catalans et les Basques. Dans le même article, Iglesias expose la volonté de Podemos d’un référendum sur le maintien de la monarchie espagnole.

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