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Carla Bruni Sarkozy, sous l’emprise de l’Obamania postélectorale, intéressée par la discrimination positive.



Fadela Amara : voit toujours des proxénètes et des machos, d’après l’appellation et l’action de son emblématique association, et avec son reniement de la discrimination catégorielle.


lundi 10 novembre 2008
par Gros Emile


Le JDD (Journal Du Dimanche) rapporte, en ce 8 novembre 2008, que la nouvelle initiative de Yazid Sabeg, intitulée "Oui, nous pouvons" en référence au slogan de la campagne électorale du nouveau élu à la Maison Blanche, bénéficie du soutien de la première dame de France et d’autres personnalités. Contrairement à la secrétaire d’Etat à la politique de la ville, qui a toujours vu des proxénètes et des machos en les jeunes garçons... L’exclusion est légitimée envers seuls ces derniers, alors Mr. Yazid Sabeg savait à l’avance où mettre sa confiance. Son interview, lui qui doit sa réussite à sa seule compétence, au JDD en dit long.

Diluer l’orientation de la discrimination positive qui attire davantage la droite en France, prend plusieurs tournures qui s’apparentent toutes à un contournement de l’idée pragmatique originelle. Même-elle est peu généreuse en tant que philanthropie qui n’a pas résulté en solutions pratiques et est continuellement battue en brèche. Au sommet même de l’appareil étatique, comme vient de répliquer la secrétaire d’Etat à la politique de la ville concernant le dernier "manifeste pour l’égalité réelle" qui pourtant bénéficie du soutien de nombreuses personnalités dont la première dame de France, Jean-François Copé, Patrick Devedjian, arnaud Mantebourg et beaucoup d’autres.

Outre les attaques en règle de décideurs, la démarche, suivie à ce jour, est habitée du maintien de la disparité criarde dont sont victimes plus massivement les hommes issus des communautés de souches étrangères ou habitant les quartiers dits "sensibles". Il y a une pernicieuse directive qui indique d’autres catégories plus mises, avec le pire mode de détournement, au devant : handicapés, homosexuels etc, histoire de mettre à l’écart le plus gros bataillon. Or il est question et sans aucunes autres façons, la descendance d’immigration ainsi que des lieux d’habitation.

L’exclusion de compétences a toujours été un sous-produit politique de la gauche dévoyée sur plusieurs thèmes politiques majeurs qui d’ailleurs causent ses échecs et retournements de l’opinion pour qu’elle ne l’élise pas. Mourad, le leader du mouvement lycéen des années 90, a attendu 5 longues années pour être admis dans les rangs du PS et seulement avec l’intervention jack Lang.

Avec un président noir aux USA, c’est la droite française, même douteuse sur la manière très manipulatrice de cette question, qui est apparemment et seulement tentée d’amoindrir, ce qui n’est de terminer définitivement avec les ségrégations. D’après l’expérience du pouvoir Sarkozy qui a vite oublié son cheval de bataille dans l’écurie de ses médiatisations peoples et autres courses à travers les continents, la diversité est loin d’être considérée un enrichissement de la société française.

Quand madame Carla Bruni Sarkozy, éblouie par l’Obamania fraichement victorieuse, s’en mêle c’est une main de velours qui caresse au sens du poil les sujets à nettoyer au Karcher. La racaille que son époux à désigner comme l’ennemi à éliminer. D’une main l’opium et de l’autre le bâton, avait dit un écrivain francophone algérien déjà classique…

Image hébergée par servimg.com

C’est aussi de la frappe purement discriminatoire (sinon comment l’interpréter ?) d’insulter par téléphone l’ex secrétaire d’Etat à la politique de la ville, Azouz Begag qui s’est insurgé du langage déplacé lors de la descente en banlieue du ministre des affaires intérieures et futur chef d’Etat. Ainsi est l’obstination de prendre, sous la protection présidentielle, deux beurettes et une noire au silence désengageant ou bien carrément à l’opposition de tous liens avec le terrain de leurs pouvoirs acquis, reniant publiquement leurs filiations et par lesquelles tous les français les voient. Ceci illustre à quoi songe la division entre population de même appartenance. Mr. Sarkozy fait ainsi montre de la persistance dans son choix basé sur la conviction que seuls à faire payer les incivilités, du saccage des abribus qu’il a sorti devant les caméras au marché des Rungis, les petites crapules à considérer dealers que citoyens sans soupçons. En effet ce sont les garçons que les filles qui sont plus les exposés aux exclusions.

Les talents et autres universitaires masculins souffrent, selon plusieurs statistiques aussi anciennes que l’apparition du constat de l’existence du racisme primaire, et encaissent en salve et par tranches les offenses de tous ordres. « Ni putes ni soumises » viserait sur le plan sémantique, même si aucun ne le souhaite ou refuse de l’interpréter ainsi, comme structure attitrée pour semer une différenciation et mener une mission d’identification des chenapans à isoler du reste de la population. Il suffit de visiter les manifestations de cette association qui a enfanté une secrétaire d’Etat du sexe faible pour percevoir que les jeunes hommes ne s’y reconnaissent pas dans la portée de lutter contre la violence machiste. C’est plus une autre suggestive poussée dans les méandres marginales de « Ni putes ni soumises ».

Le porteur de l’idée d’une lutte conséquente, et depuis bien des années, contre les discriminations, est Yazid Sabeg. Enfant d’immigré et industriel, est à jamais celui qui use des meilleures subtilités qui expliquent la donne française sur ce sujet. Il dit sans concessions et avec l’entrain de l’Obamania régnante : "Il n’y a rien de plus injuste que de traiter de façon égale des situations inégales." Et dès qu’il fait une proposition, il est accablé de la riposte de la secrétaire d’Etat.

Aussi bien dans l’art de la communication qui intéresse les canaux que du point de vue capacité de persuasion des acteurs politiques, cet exemple qui personnifie une lutte éclairée n’a pas besoin uniquement de manipuler les notions ouvrières, humanistes et autres compassionnelles, fédère les adhésions utiles que manichéennes. Auprès de la gauche française qui perd encore une fois un thème social pourtant de son canevas idéologique, on est encore à entendre envers les jeunes, surtout envers les bonhommes : « Je t’aime jeune homme… mais je doute fort que tu ne sois pas un voleur pour être si charmant et si bien sapé » .

Continuant dans la même interview du JDD du 8 novembre, Yazid donne le ton : « La nomination de ministres d’ascendance étrangère est un acte symbolique : cela ne change finalement rien à l’état d’injustice flagrant de notre société. » En réalité ça rajoute une huile au plus glissant, les 3 arbres « Fadela Amara, Rachida Dati et Rama yade » cachent toute une jungle. La première citée ici, interrogée le même dimanche sur le sujet, suite à la diffusion du JDD du projet de Yazid Sabeg, dit ne pas être "favorable à la discrimination positive liée à la question de l’origine ethnique" , car "ce n’est pas du tout notre projet républicain" et soutenant "la diversité suppose la diversité sociale et non pas uniquement ethnique" . A se demander si le fait d’être membre de l’exécutif gouvernemental donne l’exclusive et la prérogative de paramétrer l’identification du projet républicain ?

Un cas anecdotique peut-être cité ici, comme il nous été rapporté dernièrement. Il s’agit d’un arabe qui s’assoit en face d’un couple dans un wagon du métro. La femme dit, expressément à haute voix pour que l’arrivant entende, à son compagnon après que ce dernier lui a fait un signe discret et silencieux des yeux désignant l’individu qui s’est installé sur la banquette : « Un macho » . Et l’homme lui réplique avec le même entrain, histoire de mettre en écoute l’arrivant « un pickpocket » . Et tous les se mettent à farfouiller des mains leurs poches, la dame pris son sac à main, l’ouvrit et vérifia que rien n’a disparu. Le voyageur ayant bien perçu le manège, déconcerté et humilié au plus profond de sa personne, baissa son regard luisant capable de faire baisser dix quand ils le croisent (cette tirade est tirée d’une nouvelle de Gabriel Garcia marquez figurant dans son recueil « 10 contes vagabonds » parlant justement de la France). Ils descendirent tous à une station desservant un grand hôpital parisien, une personne du couple devait subir une chirurgie en cardiologie et rendez-vous a été pris ce jour pour commencer les consultations et soins. Après qu’ils étaient mis en attente à l’accueil l’établissement sanitaire afin le praticien les reçoivent, il leur a été indiqué la salle où ils doivent se présenter. Une fois dans la blancheur écarlate de la pièce mansardée et équipée des appareillages, le cardiologue n’était que l’arabe au regard de fauve.

En tenant compte des échecs déjà consommés, et s’en tenir aux propos de la secrétaire d’Etat à la politique de la ville ainsi qu’à l’action de son association, la précarité infligée à une catégorie de la population reste bien le contraire de "l’Action Positive" qui a enfanté Barack Hussein Obama au premier rôle de la scène politique de la première puissance mondiale.

Lire le manifeste pour l’égalité réelle

Manifeste pour l’égalité réelle. Oui, nous pouvons !

L’élection de Barack Obama éclaire par un contraste cruel les manquements de la République française et l’écart qui nous sépare d’un pays dont les citoyens ont su dépasser la question raciale et élire pour président un homme qui se trouve être noir. L’Amérique a confirmé la validité d’un modèle démocratique fondé sur l’équité et la diversité.

Quelle leçon ! Nous autres Français, qui revendiquons notre universalisme pour faire pièce à cette diversité, devons bien écouter celle-ci. En négligeant sa propre diversité, la France désespère une large frange de sa jeunesse et l’empêche d’être fière de son pays. Nous sentons partout la crispation identitaire, des sifflements de La Marseillaise aux rappels à l’ordre civique qui restent vains et incompris.

Il ne faut pas s’étonner que la popularité d’Obama soit si forte ici : elle témoigne des aspirations de tous les enfants de la République, qui vivent par procuration une reconnaissance que la France ne leur donne pas. Elle trahit aussi la mauvaise foi de ceux qui saluent la victoire de la modernité hors de nos frontières, pour tolérer ici le statu quo.

Pourtant, la société française est l’une des plus métissées du monde. Mais quelle conception de l’homme faut-il se faire pour accepter que l’élite économique, politique, sociale y reste une chasse gardée ? Les pays qui réussissent à promouvoir l’égalité et la justice, ceux-là seuls auront leur place dans la mondialisation des hommes et des idées. Les autres sont condamnés à devenir des provinces de la démocratie, rétrogrades, décalées, hors du coup.

Pour en sortir, nous avons besoin de politiques résolument volontaristes pour l’équité et la diversité. Il ne suffit pas de proclamer l’égalité pour la faire advenir : c’est un processus de longue haleine et non pas spontané, que nous avons le devoir et l’intérêt d’engager.

Les Etats-Unis ont engagé en leur temps des actions positives qui ont fait émerger une classe moyenne noire qui a été l’antichambre de l’élite. Sans doute faut-il les adapter au contexte français. Mais nous en avons tant besoin ! La France est fatiguée des médiateurs, des organismes aux dénominations tonitruantes, des actes symboliques et des déclarations formelles.

Avec l’arrivée d’Obama, on ne pourra plus faire très longtemps le coup de la diversité ennemie du mérite, ni justifier l’injustice par le principe d’égalité. Nous, acteurs de la vie publique, Français et Françaises de bonne volonté, soucieux de la promesse démocratique de notre pays, désireux de restaurer une conscience civique authentique, demandons la mise en oeuvre effective d’un programme minimal pour l’égalité réelle :

- Engager des politiques publiques qui combattent les conséquences sociales des discriminations.

- Systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires.

- Promouvoir des politiques urbaines qui permettent de réaliser la diversité sociale et de peuplement.

- Inciter fortement les employeurs et le premier d’entre eux, l’Etat, à mettre en place des politiques de promotion de la diversité, fondées sur l’obligation de résultat.

- Limiter les mandats électoraux pour forcer le renouvellement du monde politique.

- Soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité et organiser un Grenelle de l’égalité réelle et de la diversité.

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