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La dissolution des milices libyennes : un combat antiterrorisme.



Benghazi, seconde révolution au fief d’Ansar Ec-Charia


mercredi 27 novembre 2013
par Damien Djamel Bouch’Raf


Au préalable de renouer avec la stabilité politique et mener les défis économiques, la Libye entame la dissolution des milices composées par les anciens insurgés contre la dynastie Kadhafi. Après la capitale où les Tripolitains ont manifesté pour refouler les milices qui tiennent les rues en visant l’une d’elles venue de la ville de Misrata. C’est au tour de Benghazi de renoncer à la présence de ces groupes qui dominent le pays...

Benghazi d’où est partie la contestation de feu Kadhafi est vite devenue la cité de l’islamo-terrorisme, dont les éléments s’empressent à se greffer aux mouvements sociaux et finissent par les déshumanisent. Lundi 25 novembre 2013, dès l’aube un groupe d’islamistes armés, se faisant appeler Ansar Ech-Charia, s’est affrontée à une section de l’armée libyenne.

Dans les pays, comme la Libye, dont l’intitulé identitaire « musulman » est prépondérant devant la personnalité ancestrale, les terroristes se présentent comme croyants. Ce qui leur ouvre tous les canaux d’ancrage et de prosélytisme que sont les mosquées. Ils ont capacité à la mobilité transfrontalière et leur force de frappe est plus familiarisée à dominer les faits. Une fois implantés dans des protestations, ils en prennent l’orientation des révoltes faisant disparaitre toute pluralité. La mort de l’ambassadeur des Etats-Unis, un 11 septembre à Benghazi, reste le fait marquant de la présence des éléments d’Al-Qaïda en Libye, notamment Ansar Ech-Caria. Dans cette ville de l’Est à la merci de milices, l’anarchie n’a pas d’égale au point que l’impunité permet d’assassiner des militaires, après Stevens Christopher, et des fonctionnaires sans enquêtes ou poursuites.

La dénomination « Ansar Ech-Charia » a été adoptée par une milice composée de révoltés locaux qui ont part au soulèvement contre le dictateur. Ce nom qu’adoptent les hordes de criminels, existe dans toutes les contrées où la perspective d’imposer la loi islamique est plausible, ensuite elle est imposée aux opinions contestataires. Littéralement, la traduction de cette désignation est « les supporters de la charia ».

Au moins neuf personnes ont été tuées et plus de 50 ont été blessés, selon les autorités sanitaires libyennes. Magasins et écoles ont été fermés dès le matin, puisque les coups de feu ont été entendus dès la fin de nuit. Les autorités locales ont conseillé aux habitants de rester dans leurs maisons, dans les rues la bataille a duré jusqu’en fin d’après-midi.

Et à la fin de l’après-midi, la milice Ansar al-Charia semble avoir disparu sous terre, les « djihadistes » ont fui de la clinique et des deux maisons qu’ils occupaient. Il y a une semaine une bataille à Tripoli avec une milice, venue de la ville côtière de Misrata, s’est soldée de 40 morts. Des photos circulant sur Internet montraient les lieux qui étaient squattés Ansar Ech-Charia à Benghazi, vidés, d’où sort une fumée et une épave de voiture brûlée gisait à l’extérieur.

L’armée libyenne entame une opération, comme un coup de force, pour la dissolution des milices. C’est sa seconde bataille en moins de 10 jours. Les observateurs, obnubilés par le désordre qui règne, semblent ignorer la période d’une nouvelle tentative pour élire une assemblée constituante qui peut être un parlement de transition, afin de jeter les bases d’un nouveau gouvernement. Depuis deux ans, après le renversement du colonel Mouammar el-Kadhafi, la Libye est démunie de ses institutions.

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