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Algérie : l’or rouge des côtes.



Le corail, un bijou que des receleurs s’arrachent...


lundi 7 octobre 2013
par N.E. Tatem


L’exploitation du corail en Algérie n’a jamais été considérée comme un créneau à la fois symbolique pour la luxure qu’il incarne et une richesse de grande valeur. Les autorités publiques qui manquaient d’imagination, d’ailleurs pour nombreux secteurs vitaux comme l’agriculture ou le tourisme, sont enfin arrivées à songer à une institution…

L’activité de pêche au corail sera réglementée par « l’Agence nationale de développement durable de la pêche » dont les locaux seront au chef-lieu de la wilaya d’El Tarf, a déclaré le ministre de la Pêche et des ressources halieutiques, Sid-Ahmed Ferroukhi, selon une dépêche de l’APS. L’Algérie avait chargé nombreux bureaux d’étude internationaux afin d’expertiser ce domaine qui semble échapper à tout contrôle.

Située à l’extrême est du pays, le département d’El Taref recèle, selon les estimations des audits établis, 50% du « corail rouge » en mer méditerranée. Un produit qui a des spécificités inégalées en esthétique.

Chaque année les douanes algériennes interceptent des trafiquants transfrontaliers avec des quantités, alors que côté frontières maritimes les voies sont libres, du fait que le nombre des embarcations de « Haragas » en direction de la Sardaigne est révélateur des flux.

Durant l’année 2006 et le premier semestre 2007, selon des chiffres officiels, plus de sept cents kilogrammes de corail ont été saisis par les services des Douanes et de la Gendarmerie nationales, dans uniquement cette wilaya d’El Tarf. Les interceptions de contrebandes sont fréquentes du côté de la plage d’échouage d’Echatt, située à la limite des wilayas de Annaba et d’El Tarf et sur la bande frontalière avec la Tunisie.

Un projet économique ou un autre cauchemar de prédation ?

La « concertation » et le « dialogue » en vue d’une exploitation rationnelle du corail. Telle est la formule utilisée par le ministre, pour qu’en 2014 un dispositif visant une production durable, induisant la préservation, soit mis en place. L’organisation, l’exploitation rationnelle et la commercialisation de ce produit de pêche magique pour sa valeur liée à la caractéristique d’être un bijou, pour insister sur le prix, attendaient depuis des lustres.

Ce qui risque de ne pas préoccuper les responsables et les opérateurs du « corail rouge d’Algérie », c’est qu’il a une très forte valeur commerciale qui pourrait donc permettre au pays de faire entrer des devises. D’autant qu’il s’agit déjà d’un label, il est quasiment un monopole pour les nuances de cet animal aquatique aux squelettes fait d’un or rouge !

L’Algérie autorisera de nouveau la pêche du corail, activité qui était interdite sur son territoire depuis 1998. A l’issue d’une étude, concernant les 1280 kilomètres de côtes du pays, confiée à des chercheurs européens en 2005, une première étape a été réalisée.

Le groupement français comprenant le bureau Créocéan, basé à la Seyne-sur-Mer, le Centre d’océanologie de Marseille rattaché au CNRS qui est spécialiste mondial du corail, ont travaillé sur des données fournies par la Comex, une compagnie privée d’intervention sous-marine qui sera à l’avenir chargée d’équiper les prélèvements.

La seconde étape a constitue en l’ouverture de cette «  l’Agence nationale de développement durable de la pêche ». Il manque d’autres accomplissements, dont celle de spécialiser la jeunesse d’El-Taref à valoriser le corail...

Un kilogramme de Corail algérien se négocie entre 10 000 et 25 000 Euros. Indépendamment de sa qualité, mais selon uniquement le cloisonnement des réseaux d’échange...