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Déferlante islamiste sur le Printemps Arabe, la glaciation d’un hiver morose sème déjà la descente de température !



En Tunisie, le miel et le fiel : un double discours, saoudien et taliban d’une vulgarité politicienne et trop conjoncturelle pour être sincère.


jeudi 27 octobre 2011
par Azouz Benhocine


Réactive, la société civile tunisienne redoute l’avènement de la cruauté généralisée que porte l’islamisme. Comme pseudo-idéologie conservatrice, puisant sa crédibilité dans un projet sociétal ayant des prétendues vaillances pourtant décalées de l’évolution humaine, le premier parti en post-Ben Ali laisse la voix ouverte au dialogue pour se faire accepter. Jusqu’à quand cette image d’intégristes assagies tiendra-t-elle ? Les hordes de supers croyants rêvent aussi comme les loups de la prédation à l’iranienne !

Les tunisiens craintifs que leurs libertés individuelles soient brimées avec le retour aux sous-valeurs archaïques, se mobilisent encore contre un intégrisme qui affiche le bon teint d’Annahdha. Ce parti n’était pas tellement vu dans la révolte citoyenne déclenchée avec l’immolation d’un jeune universitaire au chômage. Comme aussi, il faut le noter, les manifestations ont été menées en plein mouvement anti-Ben Ali.

UNE MANIF anti-Annahdha en plein soulèvement de janvier 2011

La marche inexorable de la révolution des jasmins se veut désormais constante dans l’approfondissement de son expérience à fonder une citoyenneté qui n’efface pas aussi bien les aspirations à l’égalité que les droits à l’expression convenants à l’évidence que le progrès s’inspire de la démocratie qu’à la fidélisation à une identité concise et amorphe.

Contrairement à ce qu’on laisse entendre, ce ne sont pas les islamistes qui sortent vainqueurs et sans partage des élections, d’octobre 2011, pour l’assemblée constituante en Tunisie. Bercail du Printemps arabe, au pays de Bourguiba, les islamistes font de leur mieux pour paraître modérés. Ils ne s’embarrassent pas de prendre, devant l’opinion du pays et internationale, comme référence l’A.K.P. le parti qui est aux affaires en Turquie. Ce dernier a réussi son coup de force de limiter la grande influence de l’armée, qui sous sa mission de gardienne de la laïcité, pour le peuple concoure à tracer son destin et se responsabilise à l’assumer.

Comparativement, les islamistes tunisiens réfutent la cruauté des intégristes algériens des années 90 du siècle dernier. Les fanatiques algériens promettaient à leur peuple l’enfer (la fin de la fraîche démocratie), au bassin méditerranéen la déstabilisation et à la Tunisie-même, à cause des islamistes d’Annahdha persécutés à l’époque, une aide contre le martyr dont ils étaient victimes.

Les « fascislamistes » de ce pays voisin, représentés à l’époque par un parti « FIS », étaient aux affaires dans les collectivités locales. Ils n’ont pas été de mainmorte, à l’accoutumé du régime qui les a précédé, dans les trucages du vote qui les a mis gagnants avec une écrasante majorité de plus de 80%. Comme ils ont, à la veille de ce scrutin, attaqué à une unité militaire, à la frontière tunisienne à Guemar (Oued-Souf), opération conduite par un certain Tayeb à Al-Afghani. Montrant grandement le passage à l’acte d’une criminalité politique, entretenue d’une main discrète mais décelée par les sbires du FLN dirigiste, qui causa 200 000 victimes et continue encore de semer la mort avec la connivence, de certains joueurs de coulisses en matière de droits de l’Homme !

Aussi, avec une belle retenue Annahdha de Tunisie (cette même appellation a existé en Algérie) n’a pas été jusqu’à, après victoire, déclarer comme le CNT libyen que l’unique inspiration sera la Chariaâ islamique, dans les lois futures ou bien le retour de la polygamie. Qui, rationnellement, ces deux repères et préceptes doctrinaux font regretter le despote qui, au regard de ses parades en costumes fétichistes et égocentriques, se prenait pour un empereur !

60% des sièges sont reviennent à la mouvance démocratique, d’après les estimations préliminaires. Donc, on n’est pas à la majorité absolue. L’expérience de la révolution des Jasmins demeure le modèle, quoi que pensent les alarmistes de cette déferlante verte sans être écologique, du fait de ne pas avoir grande la porte au fascisme verdâtre. La précipitation avec laquelle la proclamation, des réactionnaires libyens succédant à Kadhafi, a été émise en direction de la population libyenne, a été aussi suivie par le parti islamiste Ennahda de Tunisie. La nuance existe dans la teneur et les sujets des propos, des uns et des autres ! La communauté internationale, observant les réparties des victorieux combattants qui ont chassé les népotismes des deux pays voisins, s’est distinguée aussi de questionner l’avenir. L’enjeu capital, en effet, est le futur du Printemps Arabe !

Revendiqué précipitamment la victoire à l’issue de son arrivée en tête dans les deux circonscriptions de France, avec 4 sièges sur 10 équivalents respectivement 33,70 % et 30,23 % des suffrages exprimés en sa faveur, ne vaut pas de prime à bord la prise totale du pouvoir. Même si, Annahdha revendique déjà la tête du gouvernement de la seconde étape de transition, les résultats totaux du pays lui arrogent davantage de voix. Avec quelques 40% selon les approximations, ce parti versé se disant ouvertement à l’amovibilité démocratique, n’est pas majoritaire. En attendant le résultat final, les partiels divulgués par la commission électorale Isie, la confirmation qu’Ennahda est arrivée en tête est seulement dans neuf des 27 circonscriptions sur 54, soient 28 sur 55 sièges, du pays.

Le double discours existe bien

Si en Tunisie on se félicite de la grande participation de population au vote. En occident on s’alarme de cette entrée de l’islamisme, même quand ses représentants multiplient de rabâcher leurs engagements à préserver les acquis civiques de la société tunisienne. « Je veux rassurer les femmes tunisiennes, nous ne changerons rien à ce qui a été acquis, et nous ne changerons pas ce à quoi la société tunisienne s’est habituée » , a déclaré Ali El-Arid, un membre influent d’Ennahda. Les démocrates Tunisiens restent toutefois très sceptiques quant à l’égard susceptible d’être réservé à cette promesse. Surtout que la langue arabe, selon les déclarations autres non-moindre membres de ce parti dont Rashed Ghanouci, prendra désormais davantage d’espaces.

Il est vrai que les islamistes, de part les pays où leurs discours sont décryptés, entretiennent le double discours. Celui de l’apaisement d’un côté, et celui du retour aux valeurs et autres options archaïques. Et la Tunisie ne peut échapper à cette pratique. Cette dernière, du doublage préconisé dans les convictions sociétales qui seront appliquées par les nouveaux dirigeants, existe aussi en Turquie.

Mais la riposte de la société civile est décisive, pour contenir les dérives qui autorisent et officialisent la grande criminalité à l’iranienne, la saoudienne, la soudanaise etc. et qu’illustrent quotidiennement les talibans pour le peuple qui les couve ainsi qu’envers le reste du Monde.