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Moody’s avertit la France d’une perspective négative, la finance doute en l’économie réelle !



Leader européen, la France est avertie qu’elle perdra des investisseurs si les dettes étatiques s’accumulent.


mardi 18 octobre 2011
par Gros Emile


Moody’S n’avait pas hésité de contester le placement des Etats-Unis à la notation Aaa, tant les perspectives négatives en août, 2011, indiquaient la faiblesse de la relance américaine. Ressentie, elle le reste à ce jour. Pour les USA, cette agence de notation, autonome et relevant d’un holding de spéculateurs internationaux présidé par des européens, a averti que la note sera prononcée dans moins de deux années. Le fera-t-elle plutôt que ça ?

Pour la France, l’avertissement émis le lundi 17 octobre, ne donne qu’un court délai de trois mois. Car l’anxiété pour les multiples cas européens où la France est un moteur primordial, n’a fait que durer depuis 2008 où l’alerte fut donnée outre-Atlantique, pour ce qui est la crise.

Moddy’s annonce vouloir dégrader, après une surveillance de trois mois, la notation qu’elle attribue, jusqu’à là, à la solvabilité de la finance française. Et la panique s’installe. Pris distinctement l’Hexagone, qui est leader avec l’Allemagne des 17 pays de la zone euro, ne peut que provoquer un tel affolement.

Cet effroi est aussi scindé, comme lien naturel, au discours officiel de Sarkozy qui a indiqué que l’UE (Union Européenne) est une entité territoriale solidaire, alors que la Grèce plonge dans la ruine. Comment ne pas en tenir en compte, quand les discours des décideurs font remonter le moral ? Et dans ce cas les rumeurs des boursicotiers ne peuvent passer en premier !

L’avertissement de cette agence, toute autonome, advient parce que les perspectives économiques (de l’économie réelle) sont fatalement moroses au niveau du vieux continent. Les Etats les plus puissants ont longtemps géré leurs services avec un endettement public qui s’autoalimente, d’année en année, à la hausse avec les intérêts annuels à rajouter au volume initial des prêts. Ces derniers aussi reprennent d’une manière devenue routinière dans les procédures d’élaboration des macro-budgets publics.

Les lois implacables des marchés financiers scrutent l’évolution, comme des observateurs d’une vigilance absolue, des économies concrètes. Les dettes accumulées, et collées aussi à une tendance régénérative de refinancement annuelle de la basse gestion des services publics, ne peuvent être jugulées sans une rupture avec les emprunts qui ont une rubrique, non négligeable voire vitale, dans les recettes des budgets que le capitalisme plus particulièrement s’accommode à ne plus pouvoir s’en passer. Le ratio de la dette dans le budget français, pour dire vrai, a été augmenté lors du passage à un pouvoir de droite avec Chirac alors que ce mode de disposer de crédits a été consolidé, comme un acte institutionnel du budget, auparavant.

Quand la recapitalisation des banques a été proposée par Christine Lagarde, la directrice du FMI, elle a été dite d’une manière globale afin de faire préoccuper ces institutions financières et emprunteuses aux PME. Or la présentation qui est arrivée à son terme présentement, seules les banques usurières à l’égard de la Grèce, pays qui ne se démène pas de la faillite, sont concernées par ce refinancement. Dans ce contexte morose, la même directrice du FMI, a suggéré aussi de renflouer les caisses de l’institution internationale qu’elle dirige. De quoi ne plus savoir qui surveiller et qui risque de se ruiner, le FMI ou bien les banques ?

Ce n’est pas tout. Les Etats qui tentent de sortir de la spirale ascendante de la dette en ordonnant des mesures draconiennes d’austérité, se trouvent dans la position de réduire dangereusement les pouvoirs d’achats susceptibles d’un autre côté, que celui de la récession due aux pertes de marchés, de provoquer un écoulement des produits vendus par les entreprises exposées à la panne productive traditionnelle. Car ces opérateurs économiques bloquent aussi les inventions productivistes qui les drainent à l’avant, faute de ne pouvoir vendre. Leurs clients locaux sont plus déshérités et les marchés internationaux sont sous la pression de la farouche concurrence des pays émergents.

Seuls 13 pays européens, notés AAA à la fois par les agences de notation Moody’s, Standard and Poor’s et Fitch, conservent cette excellente note : l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse (+ le Canada et Singapour).

La pression des marchés financiers que Moody’s LIEN POUR VOIR LA PUBLICATION -FRANCE- examine d’une manière continuelle, redisent que de nouvelles mesures d’austérité sont cruciales, sinon les têtes de l’Europe vont être rabaissées. Le refinancement des dettes n’est guère plausible. Car les investisseurs redoutent que les capacités de paiement, notamment de la France, vont s’amoindrir. En matière d’anticipation, les spéculateurs sont alertés que l’Hexagone est sur la ligne rouge, jusqu’à quand ?