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Le renouveau de Lisandro



Du caractère gonflé pour le ballon rond !


lundi 15 août 2011
par Jérôme COLLIN


Souvent blessé l’an passé, l’attaquant argentin de l’Olympique Lyonnais est en forme olympique pour ce début de saison. Samedi face à Ajaccio, il a inscrit son second but de la saison, et a surtout pris une nouvelle dimension dans l’équipe, en portant le brassard de capitaine.

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Peu avant le coup d’envoi du premier match de l’OL à domicile, dans son écrin de Gerland, une rumeur circule : Lisandro Lopez pourrait être capitaine. La rumeur fait vite place à l’affirmation, ou plutôt la confirmation. Oui, l’Argentin est bel et bien le capitaine de son équipe ce soir pour disputer la seconde journée de Ligue 1 face au promu corse.

Situation inédite pour Lisandro. Jamais depuis son arrivée à Lyon il n’avait eu cet honneur. À bien y repenser, la décision de Rémi Garde coule de source. Lisandro est un homme qui a la compétition et la gagne dans l’âme, qui a faim de ballons et veut se battre pour son club. Un caractère bien trempé qui a aussi sa part de défauts, mais son attitude sur le terrain est souvent bénéfique pour ses coéquipiers.

Lisandro est un attaquant atypique, qui n’hésite pas à revenir chercher le ballon près de la ligne médiane et à remonter tout le terrain. Le genre de joueur qui n’aime pas rester sans ballon trop longtemps. Le type de joueur qui ne lâchera rien jusqu’au coup de sifflet final. Un battant, qui veut emmener son club au sommet. Qui se sublime dans les matchs à enjeux. Parfois transparent pendant une rencontre, son sens du jeu le mène parfois à marquer, à être décisif tout du moins alors même qu’il a livré une prestation épouvantable.

L’Argentin n’est pas un leader charismatique. Ce n’est pas lui qui prendra la parole. Non, Lisandro est un leader discret, mais qui distille de précieux conseils à ses coéquipiers. Meilleur exemple : le match retour contre le Réal de Madrid en huitième de finale de Ligue des Champions lors de la saison 2009-2010. Vainqueur sur la plus petite des marges au match aller, les Lyonnais ne partaient pas vraiment favoris lors du retour au Santiago Bernabeu. Les déclarations des Madrilènes avant la rencontre ou même lors du tirage au sort faisaient preuve de suffisance, d’arrogance et d’un sentiment de supériorité assez étonnant. Des propos qui auraient pu faire sortir de leur match les Lyonnais, ou bien les inquiéter. Mais Lisandro est passé par là. Effacé dans les vestiaires comme à l’accoutumée, l’Argentin se contente d’écrire un mot à ses coéquipiers, où il tente de les rassurer, les pousse à « ne pas avoir de regrets » . Ce petit mot aura eu un effet positif sur les Lyonnais. Menés 1-0 dès la sixième minute, submergés par les incessantes offensives madrilènes, les Lyonnais ne se démobilisent pas et reviennent au score, éliminant au passage l’effectif madrilène, bâti à coup de millions d’euros.

Leader à sa manière, Lisandro n’en reste pas moins un attaquant formidable. Samedi face à Ajaccio, il a livré une très belle prestation, conclue par un but. Par la même occasion, il porte son total de buts en Ligue 1 à 34 buts en deux saisons, avec des blessures récurrentes. On n’ose même pas imaginer les statistiques de Lisandro s’ils n’avaient pas accumulé les pépins physiques. Cette année, l’international argentin est parti sur de bonnes bases, grâce à un travail sérieux fourni lors de la préparation physique d’avant-saison. De son côté, il s’est efforcé de perdre du poids, et de ne pas faire de coupures trop longues pendant ses vacances. Des efforts payants pour lui et son club.

Un Lisandro en pleine forme dès le début de saison, Gerland ne peut pas mieux demander. C’est un peu Noël avant l’heure. Avec les échéances prochaines (tour préliminaire de Ligue des Champions face au Rubin Kazan), Garde devra s’appuyer sur un effectif prêt, d’autant plus face à un adversaire en pleine bourre et en plein championnat de Russie.

Rémi Garde fait preuve pour le moment de beaucoup d’intelligence dans la gestion de ses joueurs. Par le biais du brassard de capitaine, il va pouvoir canaliser Lisandro et lui permettre d’être encore plus redoutable. Autre piste intéressante creusée par Garde, l’association avec Bafé Gomis. Deux attaquants de pointe à Lyon, cela faisait des années que ce n’était plus arrivé. Et pour le moment, la paire des deux fonctionne bien. Malgré le manque de réussite hier (4 poteaux et des arrêts d’Ochoa à la pelle !), les Lyonnais démarrent bien leur saison de transition selon Jean Michel Aulas, le président de l’OL.

Jérôme COLLIN

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