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Une directive de sabotage des acquis scientifiques en Algérie, la francophonie maudite...



Imposer la difficulté à l’intelligence et aux compétences tient de et à l’ignorance


mardi 23 juillet 2019
par Azouz Benhocine


Une décision qui n’arrange guère l’amélioration de la formation universitaire en Algérie, fait le fourre-tout de la domination de ce qui est communément et faussement considéré du conservatisme. L’alliance sacrée constituée du nationalisme dégustant la politisation de la religion avec la sauce des séquelles de la mémoire coloniale, pousse au-devant des préoccupations la haine matée à la forge du minaret…

Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE

Cette dernière réplique dans l’agonie généralisée du système éducatif algérien, frappe au moment de vulnérabilité des institutions, lors des vacances scolaires et telle une mission de mercenariat. Elle est donnée sans concession envers la famille que composent disciples et professeurs, ni égard envers la société en plein mutation révolutionnaire et avec un mépris envers une partie des intellectuels nationaux.

- Algérie : mes études en aéronautique n’existent pas en langue du "Dhad" 25 février 2016

Ce brutal autoritarisme rappelle l’enjeu de l’école que les réactionnaires gardent en otage, avec d’obsolètes valeurs qui ont maintes fois fabriqué la cruauté et la décadence. En quoi l’encouragement de la langue de Shakespeare qui adviendrait dans l’entête d’un document officiel, pouvait aider le savoir ? Est-ce vraiment la langue de Molière le problème qui a causé les retards de l’Algérie ?

L’un des derniers sabotages que subit l’Algérie est la mise en place des entêtes, en langue anglaise, des documents de l’enseignement universitaire ainsi que ceux des établissements exerçant dans ce domaine. L’instruction datée du 21 juillet 2019, reçue par l’ensemble des structures relevant de ce ministère, a choqué nombreux scientifiques, pédagogues et responsables…

Afin de se détourner des priorités factuelles et de bloquer la prédominance établie en langue française, cette décision idéologique est des plus fatales à un pays actuellement livré à moult incertitudes. L’Algérie vit actuellement un chamboulement historique, qui est devenu une opportunité à tous les aventuriers de brandir ou carrément d’appliquer leurs funestes desseins.

La substitution de la langue anglaise au français en Algérie vient de connaître une des offensives les plus rétrogrades qu’a connu ce pays depuis la couverture de sa souveraineté. L’assaille est venue du ministère de l’enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui depuis quelques semaines avait déjà, par la voix du ministre Tayeb Bouzid, lancé une sonde afin de tâter les réactions.

- Algérie : En dehors de l’islam et la langue arabe… 3 juin 2012

L’ordre donné aux recteurs des universités de rédiger les en-têtes des documents administratifs et officiels dans les deux langues arabe et anglais, exclut sine-qua-non le français. C’est l’une des manières maintes fois appliquée afin de réduire à néant les acquis du savoir et des expériences effectuées avec l’outil linguistique de l’ancienne métropole coloniale.

Le même son de cloche que l’exclusion du berbérisme, du soi-disant soutien à la Palestine et de la défense de pseudos constantes nationales, devient le tintamarre qui s’officialise en marge du Hirak. Le mouvement réactionnaire qui sévit depuis même la tâche historique de la guerre de libération, se trouve des thèmes mobilisateurs aux crédules et autres ruraux qui, là où ils passent, bannissent aussi les femmes et les arts.

L’Algérie est encore une fois poussée à l’exclusion d’une partie reluisante de son intelligentsia. Les attaques contre la francophonie qui est l’expression de l’interminable bataille d’arrière-garde des nationalistes, devenus intégristes à plus d’un aspect, honorent l’identité suspectée d’avoir ratifié avec le terrorisme un cloisonnement contre la modernité.

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

Cinq choix ayant trait au profil, au parcours et à la personnalité du prochain président. ICI - MERCI

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